| Lucia di Lammermoor “Bouleversante Mosuc pour une transfusion sanguine de toute urgence […]Elena Mosuc est le pilier de cette production. Débuts tardifs à Bruxelles pour la cantatrice roumaine dont on a injustement réduit la carrière exemplaire à ses activités de troupe à Zürich, notamment dans l’ombre de madame Gruberova qu’elle a judicieusement beaucoup observé. Patiemment, la belle cantatrice a su développer l’instrument d’une mozartienne de tout premier plan (Königin qu’elle chante toujours quinze ans après ses débuts, Konstanze, …) pour élargir son répertoire à un certain lyrisme et une spécialisation dans les héroïnes belcantistes comme Elvira, Linda, Amina enfin, après de longues années de polissage, une Stuarda plus que probante. Mosuc est l’exemple type de la cantatrice consciente, patiente, construisant lentement un répertoire, un parcours artistique et honteusement méprisée par les médias qui, dans leur empressement à catapulter des stars en forme de météorite, n’ont que faire des lenteurs scrupuleuses d’une artiste pourtant de haut rang. De ses années à Zürich, elle en sort bardée d’un métier confondant qui lui sera bien utile pour affronter les errements d’un Reynolds ou s’investir totalement dans le projet surhumain de Joosten. L’immense victoire de madame Mosuc est de parvenir à tout instant à un équilibre parfait entre une composition dramatique exemplaire et une prestation vocale d’authentique Prima Donna. Chant et théâtre se nourrissant l’un l’autre, c’est brisé par l’émotion que nous sommes sorti de sa folie. Mosuc connaît sa Lucia dans ses moindres recoins. Que peut-on souligner le plus ? Un travail impressionnant du souffle au service d’un phrasé exemplaire ? Une vraie colorature investissant ses traits d’une charge émotionnelle ? Un suraigu (un des plus beaux et libres du circuit …) d’une sûreté diabolique et toujours au service du drame (contre mi surnaturel de la cadence). On pourrait écrire un article entier sur l’art de la Mosuc. Elle assume parfaitement la Lucia voulue par Joosten : une jeune fille rebelle qui pourrait être une gothique punk de notre époque, s’adaptant mal au circuit clos et castrateur de notre société. Cette ado, on l’imagine, a un rapport sulfureux avec son corps qu’elle n’hésitera pas à mutiler avec les ciseaux traditionnels servant à découper le tulle du voile de la mariée. Cette Lucia tient tête à son frère jusqu’à l’extrême. Joosten demande énormément de second degré à sa titulaire. Mosuc y est géniale (duo avec Enrico). La scène de mutilation pendant la cabaletta du "Spargi d’amaro pianto" est une expérience extraordinaire. Comment décrire la cantatrice parvenant à sculpter chaque son dans sa justesse technique, tout en exprimant parfaitement la douleur jouissive, sado masochiste de chaque coup de ciseaux ? L’évidence d’une grande titulaire exprimant simplement qu’entre théâtre et art du chant, nous ne sommes pas toujours contraints à un renoncement… “ “Por suerte tenía a su lado a una consumada intérprete del rol. Elena Mosuc lo canta hace tiempo, pero como no se prodiga demasiado, tiene una técnica y un estilo de hierro, la voz luce joven, las agilidades son de una precisión formidable, las messe di voce ni exageradas ni escasas, los sobreagudos llegan puntuales sin abusar ni evitarlos de modo embarazoso (como en las dos últimas transmisiones del Met, a cargo de dos grandes divas actuales, menos adecuadas que la Mosuc para la parte: ay, la publicidad conseguida por otros medios que los artísticos, sean o no voluntad de los cantantes). La voz tiene mucha consistencia y no hay cansancio ni esfuerzo ninguno (aun cuando le hagan emitir algún agudo peligroso recostada totalmente -a lo que debió haberse negado). Extrañamente, para este público, hubo no sólo grandes aplausos luego de sus intervenciones solistas, sino esos gritos que parecen propios de audiencias latinas, del tipo ‘genial’, y no sonaron muy exagerados. Además, ambas voces se conjuntaban bien en el gran dúo (en el sexteto la acústica hacía casi desaparecer al barítono, pero privilegiaba por ejemplo a la mezzo), de modo que la ovación que los acogió al final, a distancia del resto, fue justicia. “ “Papillon de nuit titubant de plaisir comme de délire: C’est à la soprano colorature roumaine Elena Mosuc qu’échoit la lourde tâche de défendre Lucia, sa passion et sa fatale dérive. Joosten en fait une Antigone rebelle, fringuée de tulle et de cuir noirs façon gothique qui rue et rugit devant le machisme des hommes qui veulent disposer d’elle comme d’une marchandise. Elle connaît le rôle, le personnage ambigu qu’elle a déjà chanté notamment à Zürich et à Toulouse, elle en maîtrise les embûches avec des aigus qui grimpent haut tout en restant satinés, un beau médium et quelques graves un peu courts sur pattes. La voilà, papillon de nuit aimantée par son soleil intérieur, amoureuse sensuelle jouant de son corps autant que de sa voix, titubant de plaisir comme de délire, enroulée dans une robe de mariée camisole qu’elle découpe à coups de ciseaux frénétiques, ciseaux bientôt ensanglantés par les coups portés à l’époux imposé, puis arme du geste fatal qui la délivre d’un monde où elle n’a plus sa place. - A l’opposé de l’interprétation de Natalie Dessay qui fait de Lucia une ado zombie à peine sortie de l’enfance (voir webthea du 18 septembre 2006), Elena Mosuc figure une vraie femme déjà, ronde et consciente, folle mais fière, une superbe performance acclamée debout par une salle émue et comblée.” “Le cas Lucia: Dans la société violemment machiste évoquée plus haut, une jeune fille se débat : c’est Lucia, aux allures gothiques - l’opéra l’est aussi -, avec ses cheveux noirs jais, sa robe itou, son bustier de cuir (sa robe de mariée sera sur un modèle analogue) et ses bottes opportunes, allergique à la réalité (on la comprend), ne sachant comment se rendre intéressante, se bouchant les oreilles quand sa nourrice (lui fait une observation, jouant à la cinglée avant l’heure, et, arrivée à la folie, du moins à l’air ainsi nommé, quittant le mouvement dramatique et même la ligne de chant pour s’offrir un show stratégique et vengeur. Dans cette vision du personnage, la soprano roumaine Elena Mosuc - fabuleuse d’assurance et d’engagement - fait de Lucia un personnage pathétique […]“ „ […] so ist sehr plausibel, dass Lucia ihm mit einer großen Schere aus dem Nähkästchen eine blutige Hochzeitsnacht bereitet. Mit dieser handlichen Waffe agiert Elena Mosuc so gewandt wie mit den Stimmbändern: koloraturensicher lässt sie die Höhen der Titelpartie erstrahlen und mit großen musikdramatischen Gesten taucht sie in die Zonen des Wahnsinns - sekundiert von der Glasharmonika, deren Ton sie ein paar auf der Festtafel stehenden Gläsern zu entlocken scheint.“ “Bonne idée que de se pencher sur le manuscrit original : Donizetti y préconise d’accompagner la scène de la folie par un harmonica de verre, intention respectée dans cette production. L’effet surprend, le son, irréel, semblant provenir de toute part, mais ce passage tant attendu par tout amateur de voix qui se respecte s’essouffle sans une Lucia d’exception. Elena Mosuc se montre à la hauteur des exigences: aigus assurés, ligne vocale maîtrisée, style, aplomb scénique, la soprano roumaine s’approprie pleinement ce personnage dont elle souligne le côté rebelle, inquiétant et insaisissable. “ “Rolul-autograf al Elenei “In der Titelpartie brillierte einmal mehr Elena Mosuc mit einer mühelos geführten, in der Intonation lupenrein geführten Stimme. Dass sie in dieser Partie, die sie schon in der abgesetzten Inszenierung erfolgreich verkörpert hat, nun noch einige neue Finessen gesanglicher Kunst hinzugefügt hat, macht ihre Wahnsinnsszene zum Ereignis des Abends. Auch darstellerisch hat sie noch an Intensität gewonnen.” „Opernsensation in Zürich: […] Elena Mosuc, beharrlich in die Weltelite vorgedrungen […] wahrlich eine Singtragödin mit schwebenden Pianissimi und empfindsamen Linien. Sie lebt in der Tat den Wahnsinn, lässt die Utopie dieses Liebesbegehrens Klang werden.“ „Elena Mosuc […] est époustouflante dans la maîtrise de la ligne de chant et dans les vocalises, dans la précision et la pureté de son émission ainsi que dans la palette expressive des nuances, capable de magnifiques pianissimi.” „Elena Mosuc in der Titelpartie der Lucia begeisterte bei der Premiere in Zürich sowohl als Sängerin wie als Darstellerin. […] Elena Mosuc in der Titelpartie als ungetrübter Glücksfall: Vom ersten Ton an gestaltet sie singend eine Figur, nutzt die Technik des Belcanto, um innere Regungen auszudrücken. Auch die berühmte Wahnsinnsszene ist bei ihr nie primär Bravour-Arie, sondern steht mit ganzer Intensität im Dienste des Ausdrucks. Mosuc überzeugt auch darstellerisch, weil sie sich zurückhällt. So bekommt die Aufführung ein starkes Zentrum.“ “Wie nun aber die mit der Rolle der Lucia eng vertraute Elena Mosuc den passagenweise mörderisch schwierigen Titelpart an der Premiere meisterte, verdient weit mehr als nur ein schulterklopfend gönnerhaftes Lob. Da war eine in allen Lagen gut ansprechende, bewundernswert höhensichere und koloraturenagile Stimme zu vernehmen und die Kunst fein nuancierter Piani und Sotto-Voce-Klänge.” “ […] und Elena Mosuc beeindruckt in einer ihrer Paraderollen auch bei dieser Premiere wieder. Ungemein genau und rein führt sie ihre Stimme, die mühelosen Spitzentöne klingen nie nach Triumphgeheul, und ihr reiches Ausdrucksspektrum erlaubt es ihr, die schauspielerischen Aktionen sehr diskret zu halten.” “Für Belcanto in Reinkultur sorgt indessen Elena Mosuc. Sie […] hat ihr Rollenbild noch wesentlich verfeinert und intensiviert und findet für die Zerrissenheit Lucias zwischen geheimer Liebe und Verpflichtung auf die Familienehre stimmlich wie darstellersich feinste Ausdrucksschattierungen. In der Wahnsinnsszene aber wächst sie buchstäblich über sich hinaus. Wie sie diese in einem grossen Steigerungsbogen aufbaut, wie sie das Wechselspiel von Crescendo und Decrescendo handhabt, die Koloraturen perlen lässt, der Mittellage Fülle und Wärme verleiht, das zeigt die rumänische Sopranistin auf der Höhe viruoser Meisterschaft.” “ […] wurde dann die Wahnsinnsszene, welche sie zum Teil in der Embryonalstellung sang, durch ihre subtile und intensiv-berührende Gestaltung zu Recht zu einem umjubelten Höhepunkt des Abends. Die Sauberkeit ihrer herrlichen Stimme, welche vor allem im Zwiegesang mit der Flöte so wunderbar erklang, zeigt die Klasse und Grösse dieser Künstlerin. Sie setzt nicht auf oberflächlich demonstrative Lautstärke, sondern auf Empfindung”
„Elena Mosuc hat nun als Donizetti-Bellini-Belcantistin absolute Vollendung erreicht. Was für eine wunderschöne Stimme, von der vollen, fraulich warm klingenden Tiefe und Mittellage bis hinauf in die Extremhöhen! Da tragen noch die feinsten Pianotöne und –phrasen, die geradezu im Raum schweben, da wird mit endlos scheinendem Atem Lucias empfindsame Seele in Leid und Freud’ vor uns gleichsam ausgebreitet, da gibt es aber Attacke, Temperament und innere Zusammenbrüche zu sehen und zu hören. Von Anfang an in losen weissen Gewändern auftretend, ist die sich anbahnende Auflösung einer Persönlichkeit aufgrund totaler Missachtung ihrer Eigenständigkeit durch die männliche Umgebung schon optisch vorprogrammiert. Frau Mosuc versteht sich in diesen Gewändern rollengemäss fast schwebend zu bewegen und auch mit ihrer sprechenden Mimik Lucias Gefühle zu vermitteln. Ein grossartiges Rollenportrait, das international konkurrenzfähig ist.“ „Zu feiern gab es zu Recht vor allem die fantastische Elena Mosuc in der Titelpartie und die Regiearbeit von Renata Scotto […]. Ihre Lucia war sinnlich, von emphatischer Liebe durchdrungen, kämpferisch anklagend, der Verzweiflung und Ohnmacht nah, dem Wahnsinn verfallen. In noch grösserem Ausmasse spiegelte jedoch ihre Stimme den Seelenzwiespalt der Titelfigur wider. Mosucs voller, weich und weiblich klingender, in der Höhe aufblühender Sopran faszinierte und fesselte von Beginn ihrer ersten Phrase an. Die stupende Technik, die ihr all die glasklaren Koloraturen, Triller, verzierenden Bögen und Läufe, vom Piano her anschwellende Spitzentöne und vieles mehr ermöglicht, schenkte dem Auditorium eine Sternstunde in Belcantomanier vom Feinsten.“ „La virtuosité vocale triomphe: […] Elena Mosuc déploie dans le rôle-titre une virtuosité insolente. Les notes aiguës sont émises avec une assurance technique éblouissante, les vocalises sont agiles et brillantes. De surcroît, la soprano possède un medium suffisamment corsé pour jouer des nuances, des couleurs, et varier ainsi l’ expression. Elle manifeste également à chaque note unse sensibilité musicale qui lui permet d’ offrir une interpretation émouvante de son personage.“ „In palcoscenico ha brillato di luce propria la squisita Lucia di Elena Mosuc, un soprano che da noi non ha guadagnato ancora la fama e la popolarità che si meriterebbe, per qualità in primo luogo vocali, dotata com’ è di una voce dal timbro vellutato e morbido, completa nei vari registri di soprano lirico e con una facilità e scioltezza nell’ aggredire le agilità, coronate tra l’ altro da sovracuti brillanti e sostenuti con fiati inesauribili. Dotata, in più, di una sensibilità innata di interprete, accurata nel fraseggio e toccante nell’ espressione. Dopo la „follia“ è stato un prevedibile tripudio.“ „Elena Mosuc captive l’ oeil comme l’ oreille. La voix est d’ une beauté absolue, la technique éblouissante, rompue aux artifices belcantistes […]“ „Elena Mosuc präsentierte sich als Lucia in Höchstform und erlebte einen triumphalen Erfolg […] Ihre Gestaltungskunst hat einen schier unerreichbaren Gipfelpunkt erreicht, der das Publikum zu Jubelstürmen hinriss.“ „Zu einer Sensation der Opernwelt gestaltete sich das Debut an der Bayerischen Staatsoper von Elena Mosuc in der Titelpartie. Ausgestattet mit mädchenhaftem Charme und einer weichen, anschmiegsamen Sopranstimme präsentierte sie uns die ausgefeiltesten Koloraturen, die selbst in den höchsten Höhen noch voll ausgereift und genau erklangen. Sie besitzt noch dazu eine perfekt erarbeitete Technik, die sie gerade in der Wahnsinnsarie voll einsetzte. [...] gelang ein Triumph des Belcanto." „Es kam, wie es sich gehört: am Ende einer Belcanto-Oper par excellence Ovationen für die Sänger. Die meisten davon für die Debütantin [...] Elena Mosuc in der Titelrolle. [...] Der Beifall setzte bereits nach ihrer ersten Arie ein und blieb ihr erhalten: für ihre glasklaren Koloraturen, für die dazugehörige Intonationssicherheit und auch für ihr Spiel, besonders in der ausgedehnten Wahnsinnsszene [...]." „Sternstunde und Tollhausstimmung im Nationaltheater [München]: Die Sopranistin Elena Mosuc begeisterte in Donizettis Lucia di Lammermoor: [...] und ersang sich Elena Mosuc [...] einen Sensationserfolg. [...] Das Wunder schien perfekt: Kein Lamento über den Besetzungswechsel, dafür atemlose Stille, Staunen und dann grenzenloser Jubel. Elena Mosuc kam, sang und siegte in einer Partie, die sich nur den Perfektesten der Sopranelite eröffnet. Mit gestochen scharfen Koloraturen, glasklaren Spitzentönen und einer weich timbrierten, klangschönen Mittellage durchmass sie Leidensfähigkeit und Wahnsinnszustand dieser grossen Frauenfigur von bewegender Eindringlichkeit." „Elena Mosuc sang die Lucia mit der Kultiviertheit und technischen Reife, die man von ihr gewohnt ist, aber darüber hinaus auch mit emotionaler Intensität, reichem Farbspektrum und starker darstellerischer Ausstrahlung."
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